Nosopharm : vers le traitement des infections nosocomiales

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Un laboratin avec une pipette.
Image par fernando zhiminaicela de Pixabay

 

Nosopharm, entreprise de biotechnologie française, a remanié en juin son conseil de surveillance avec notamment la nomination de Jacques Dumas à la présidence, en remplacement de Jacques Biton. La nouvelle équipe devra mettre en place de nouveaux partenariats stratégiques pour poursuivre le développement de son antibiotique NOSO-502 jusqu’à la phase 1 des essais cliniques.

Classée par l’OMS parmi les dix principales menaces pour la santé publique, la résistance aux antibiotiques fait chaque année plus d’un million de morts à travers le monde. Les infections nosocomiales multirésistantes représentent 59 % de ces décès. Or il n’existe pas actuellement de nouveaux agents capables de traiter la résistance aux antibiotiques chez ces bactéries Gram négatives. Les défis sont à la fois scientifiques et financiers.

Des résultats positifs pour les études précliniques

Nosopharm, une entreprise lyonnaise de recherche et de développement de nouveaux médicaments anti-infectieux, a décidé de s’attaquer à ce chantier. En juin dernier, elle a annoncé des résultats positifs du développement préclinique de NOSO-502, son antibiotique first-in-class dédié au traitement des infections nosocomiales multirésistantes. Découverte par Nosopharm à partir de la bactérie Xenorhabdus, NOSO-502 est le premier candidat au stade clinique dans la nouvelle classe d’antibiotiques Odilorhabdines.

Ce médicament inhiberait le ribosome bactérien grâce à un nouveau mécanisme d’action. Il monterait une activité remarquable contre les entérobactéries résistantes aux carbapénèmes, quel que soit leur profil de production de carbapénémases. Et cela concerne également les isolats résistants à la polymyxine. Ce résultat encourageant permet à Nosopharm de poursuivre le développement du programme jusqu’à la phase 1, sous réserve de recevoir l’autorisation réglementaire.

Un dirigeant expérimenté pour continuer l’aventure

Pour réussir cette nouvelle étape, le groupe a remanié son conseil de surveillance en juillet 2022. Il a nommé Jacques Dumas à la tête de cet organe, en remplacement de Jacques Biton. Le nouveau président bénéficie de 30 ans d’expérience en R&D, au cours desquels il a notamment co-inventé deux médicaments commercialisés, le Nexavar® et le Stivarga®. Il a aussi occupé de hauts postes dans des groupes pharmaceutiques majeurs comme Tetraphase, AstraZeneca et Bayer Healthcare.

En plus de Jacques Dumas, détenteur d’un doctorat en chimie organique de l’Université Paris VI, le conseil de surveillance a intégré Laurent Fraisse et Sandra Dubos. Ils prennent respectivement la place de Marie-Paule Richard en tant que membre indépendant, et de Gwenaël Hamon en tant que représentante de Kreaxi, un des investisseurs de Nosopharm. En outre, Martin Prevost a rejoint le conseil de surveillance au titre d’investisseur historique.

Un vent d’optimisme souffle sur Nosopharm

Cette nouvelle équipe doit mettre en place de nouveaux partenariats stratégiques avec des acteurs publics et privés, et préparer le prochain tour de financement de Nosopharm. Il s’agira ensuite de poursuivre le développement de l’antibiotique NOSO-502 jusqu’à la phase 1 des essais cliniques. Philippe Villain-Guillot, co-fondateur et président du directoire de Nosopharm a foi que ce nouveau conseil de surveillance « facilitera les collaborations avec des partenaires industriels et universitaires de premier plan ».

Le dirigeant est surtout convaincu qu’il fera « avancer les recherches contre les maladies infectieuses ». Pour sa part, Jacques Dumas croit que « la plateforme unique de découverte de médicaments de Nosopharm, basée sur Photorhabdus et Xenorhabdus » permettra de produire des anti-infectieux first-in-class. Et part extension d’aider à lutter contre l’antibiorésistance, qui ne cesse de se renforcer.

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