Infections nosocomiales : une hausse des cas depuis 2017

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Photo de Alexander Grey sur Unsplash

Les infections nosocomiales ont augmenté de 14% en 2022 par rapport à 2017, d’après une enquête de Santé publique France (SpF). Ce rebond des cas est en grande partie dû à l’épidémie de Covid-19. Il renforce la nécessité de poursuivre les actions de prévention et surtout de concevoir un vaccin face à la montée de l’antibiorésistance.

Les infections nosocomiales ont augmenté de 14,7% entre 2017 et 2022, après des baisses successives entre 2001 et 2012 et une stagnation entre 2012 et 2017. C’est ce que révèle Santé publique France (SpF) dans l’édition 2022 de son enquête quinquennale.

Responsables de plus de 4.000 morts par an

Selon l’agence sanitaire, la France se situe dans la moyenne (17e sur 31 pays) pour la prévalence des infections nosocomiales, contractées pendant un séjour dans un établissement de santé. En France, ces maladies causent plus de 4.000 morts par an. Elles sont essentiellement dues aux entérobactéries. Principalement à K. pneumoniae, ECC et E. coli qui possèdent les souches les plus résistantes aux antibiotiques. L’OMS considère cette antibiorésistance comme l’une des dix principales menaces mondiales pour la santé publique. Elle a fait plus de 1,27 millions de décès en 2019.

De la montée de l’antibiorésistance

Dans son document publié le vendredi dernier, Santé publique France relève que la hausse des infections nosocomiales est due en grande partie à l’épidémie de Covid. En effet, les infections Covid nosocomiales représentent la moitié de l’augmentation. Hors ces cas, la hausse s’élève à +7,5%. Elle reste donc significative par rapport à 2017. Santé publique France note en outre qu’environ un patient hospitalisé sur six a reçu un traitement antibiotique. Soit une augmentation de de 7,5% sur les cinq dernières années.

Des espoirs d’un vaccin chez Nosopharm

Pour Anne Berger-Carbonne, responsable de l’unité Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques au sein de SpF, ce dernier constat « n’est pas un très bon signe ». En effet, il témoigne de la montée en puissance de l’antibiorésistance. Pour enrayer cette sombre dynamique, la spécialiste suggère de poursuivre la prévention contre les infections nosocomiales et de renforcer les actions pour le bon usage des antibiotiques. De son côté, l’OMS appelle au développement rapide de traitement avec de nouveaux modes d’action. Nosopharm, une startup de biotechnologie créée à Nîmes en 2009, est en passe de produire un tel remède. En effet, elle est entrée dans la dernière phase de conception d’un antibiotique first in class baptisé Noso-502.

Un traitement efficace contre les infections nosocomiales

Ce médicament, le premier candidat clinique dans la nouvelle classe d’antibiotiques odilorhabdins, repose sur deux bactéries inexploités, mais à fort potentiel thérapeutique. En l’occurrence Photorhabdus et Xenorhabdus. D’après les résultats positifs d’une étude de toxicologie BPL (Bonnes Pratiques  de Laboratoire) publiée en juin 2022, Noso-502 a montré une efficacité totale contre les infections nosocomiales, y compris contre les souches les plus résistantes. Fort de ces résultats positifs, Nosopharm peut poursuivre le développement de son traitement jusqu’à la phase décisive des essais cliniques chez l’Homme.

Nosopharm rejoint la French Tech Health20

Pour réussir cette étape déterminante, l’entreprise basée à Lyon a remanié son conseil de surveillance en juillet dernier. La nouvelle équipe doit signer des partenariats publics et privés et préparer le prochain de tour de table pour le financement des travaux. C’est dans ce contexte que Nosopharm a été sélectionné en mars dernier pour intégrer la French Tech Health20. Ce programme de soutien aux startups innovantes dans le domaine de la santé offre un accompagnement sur mesure. Il permettra à la startup d’avoir une plus grande visibilité à travers des actions de diplomatie. Il lui ouvrira aussi des réseaux d’investisseurs via notamment des participations à des évènements de la tech mondiale.

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