Terres rares : le « Big six » chinois devient Rare China Earth Group

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Une vue de Pékin
Ph: Unsplash

 

La Chine a créé en décembre dernier la méga-entreprise China Rare Earth Group, qui fusionne les six plus grands producteurs de terres rares du pays, connus sous le nom de « Big six ». Ce nouveau conglomérat industriel a pour mission de restructurer un secteur éclaté et faiblement régulé.

Dans le domaine technologique, la Chine a son BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), le pendant chinois des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple). Dans le secteur des minerais, elle avait le « Big six » qui regroupait les six plus grands producteurs de terres rares. Ce terme renvoie à un ensemble de 17 métaux, dont le cérium, le prométhium et le néodyme.

Contrairement à ce que laisse penser leur nom, ces métaux sont relativement abondants dans la nature. Ils doivent plutôt leur dénomination à leurs propriétés électromagnétiques très recherchés pour la fabrication de divers produits. Parmi lesquels les matériels électroniques (ordinateurs, écrans plasma, smartphones) et les équipements militaires (systèmes de guidage et systèmes radar).

L’Etat détient 31,21% des actions

En décembre 2021, la Chine a annoncé la fusion de ses « Big six », ainsi que d’autres compagnies pour former le conglomérat industriel China Rare Earth Group. Parmi ces industriels qui ne font plus qu’un figurent Aluminium Corporation of China (CHALCO), China Minemetals Corp, Chinalco et Ganzhou Rare Earth Group. Il y a aussi des sociétés de recherche comme China Iron & Steel Research Institute Group et Grinm Group Corporation Ltd. Pékin a précisé qu’il assurera la gestion de cette méga entreprise via la Commission de supervision et d’administration des actifs (SASAC), qui détient une participation majoritaire de 31,21%.

Un géant qui pèse 62% des approvisionnements en terres rares

China Rare Earth Group témoigne de la volonté de la Chine de restructurer le secteur des terres rares, très éclaté et très peu réglementé. Depuis plusieurs années, on observe une concurrence déloyale avec des prix très différents d’un acteur à l’autre. Le nouveau conglomérat devrait stabiliser et rendre plus homogènes les tarifs, et surtout remettre de l’ordre dans cette industrie. Pour cela, il s’appuiera sur son poids, c’est-à-dire environ 62% des approvisionnements en terres rares lourdes à l’échelle nationale.

Une dépendance européenne vis-à-vis de la Chine

Cette restructuration du marché national devrait permettre à la Chine de raffermir sa domination dans l’industrie des terres rares. Déjà, depuis les années 2000, le géant asiatique est le plus gros producteur mondial de ces matières. Il effectue entre 55 à 70 % de leur extraction et jusqu’à 90 % de leur transformation. Le pays fournirait respectivement 98% et 80% des approvisionnements de l’Union européenne (UE) et des Etats Unis.

Pékin détient ainsi un levier de puissance et de pression à l’échelle international. Conscient de ce fait, les Occidentaux cherchent à se départir de la dépendance chinoise. Mais ils n’ont pas les moyens colossaux de la Chine qui injecte des investissements massifs et dispose d’un large réseau de raffinage de matériaux bruts. Cependant, l’empire du milieu voudrait aussi protéger ses ressources menacées d’épuisement. C’est pourquoi, il a récemment instauré des quotas d’exportation.

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