Homéopathie : Boiron prévoit supprimer 600 postes et fermer son usine du Loir-et-Cher

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Des préparations homéopathiques chez Boiron.

 

Le laboratoire Boiron a annoncé mercredi qu’il supprimera plus de 600 postes en France, soit environ un quart de l’effectif dans le pays. Il prévoit aussi la fermeture d’une de ses trois usines et de douze autres petits sites. Le groupe met cette décision sur le compte du déremboursement de l’homéopathie décidée par le gouvernement.

69 postes concernés dans l’usine du Loir-et-Cher

Boiron ne se porte pas très bien. Le laboratoire a annoncé mercredi la suppression prochaine de 646 postes ainsi que la fermeture de treize sites, dont une de ses trois usines, située à Montrichard non loin de Tours, dans le Loir-et-Cher. Dans le détail, 69 postes disparaîtront au sein du site du Loir-et-Cher qui devrait fermer ses portes au second semestre 2021. Notons que les deux autres usines du groupe se trouvent à Messimy (Rhône), le siège historique de Boiron, et à Montevrain, en Seine-et-Marne.

Les autres postes visés se trouvent dans les différents sites de préparation et de distribution, chargés de préparer les commandes passées par des pharmacies suite aux prescriptions de médecins. Douze fermeront leurs portes d’ici peu (à Avignon, Belfort, Brest, Grenoble, Limoges, Niort, Paris-Bois d’Arcy, Paris-Ivry, Pau, Rouen, Strasbourg et Toulon) sur les vingt-sept que compte Boiron en France.

« Nous ferons tout pour limiter l’impact social de ce projet de réorganisation »

En parallèle, Boiron annonce la création de 134 postes au siège pour renforcer les fonctions commerciales et les affaires réglementaires. Le fabricant explique qu’il se réorganise pour avoir un maillage territorial plus offensif, mais surtout pour pouvoir s’adapter à la nouvelle donne. « Nous ferons tout pour limiter l’impact social de ce projet de réorganisation dans le respect de l’héritage social qui est le nôtre », assure Boiron dans un communiqué de presse. Le laboratoire promet un accompagnement des personnes concernées pour les aider à retrouver un emploi au sein de leur région, particulièrement les nombreux salariés de plus de 55 ans. La procédure d’information-consultation avec les organisations syndicales s’ouvre le 12 mars.

La France représente près de 60% du chiffre d’affaires de Boiron

Ces dernières années, Boiron a vu son chiffre d’affaires s’effondrer, passant de 618 millions d’euros en 2017 (dont 378 millions en France) à 604 millions en 2018 (dont 359 millions en France), puis 557 millions en 2019 (dont 313 millions en France). Cette baisse des ventes a commencé, il y a deux ans, avec les débats survenus sur l’efficacité et le remboursement de l’homéopathie en France.

Malgré l’interpellation des trois syndicats représentatifs des laboratoires Boiron (CFDT – CFE-CGC – FO), la mobilisation des patients et l’offensive lancée par le fabricant, le gouvernement a décidé de s’aligner sur l’avis de la Haute autorité de santé (HAS). Ainsi, depuis le 1er janvier, l’homéopathie, qui fut un temps remboursée à 65 % avant de tomber à 30 %, ne l’est plus qu’à 15 %. Ce taux tombera à zéro en 2021. Or la France représente près de 60% du chiffre d’affaires du laboratoire et 100% de sa production. Pour Boiron, c’est un coup dur dont les effets se font sentir à présent.

600 à 1 000 emplois menacés en France par la décision de déremboursement

La réorganisation de Boiron ne concernera que la partie française des quelque 3 700 salariés du groupe dans le monde. Dans la filière française de l’homéopathie, le déremboursement devrait occasionner la suppression de 600 à 1 000 emplois directs sur un total d’environ 3 000 postes. Les concurrents de Boiron, le français Lehning et le suisse Weleda, subiront également les conséquences de cette décision.

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