Argentine : la croissance repart en 2025, portée par l’agriculture

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Après une année 2024 marquée par la récession, l’économie argentine retrouve des couleurs. En 2025, le pays enregistre une croissance de 4,4 %, selon les données publiées par l’Instituto Nacional de Estadística y Censos (Indec). Un rebond significatif pour la troisième économie d’Amérique latine, qui sort d’une contraction de 1,8 % l’année précédente. Si la reprise reste légèrement inférieure aux ambitions initiales du gouvernement, elle marque néanmoins un tournant dans la trajectoire économique du pays.

Un sursaut en fin d’année

La dynamique de croissance s’est confirmée en décembre, mois au cours duquel l’activité a progressé de 3,5 % après un mois de novembre en léger recul (-0,1 %). Cette estimation mensuelle d’activité économique, qui anticipe généralement les chiffres définitifs du PIB, montre que la fin d’année a permis de consolider la performance annuelle.

Sur les réseaux sociaux, le président Javier Milei a salué ces résultats, estimant qu’ils démentaient les scénarios pessimistes. Au pouvoir depuis décembre 2023, le dirigeant ultralibéral fait de la stabilisation macro-économique l’axe central de son mandat.

L’année 2025 avait pourtant été marquée par un net ralentissement à partir du milieu d’exercice. La reprise observée en décembre a donc joué un rôle déterminant pour atteindre les 4,4 % de croissance cumulée. Ce chiffre reste toutefois légèrement en dessous des prévisions gouvernementales, qui tablaient sur 5 %.

Le rôle moteur du secteur agraire

Le principal moteur de ce redressement est le secteur agricole. L’Argentine, puissance historique des exportations de céréales et de produits agroalimentaires, a bénéficié d’une récolte de blé particulièrement performante. Les rendements ont figuré parmi les meilleurs de ces dernières années, soutenant les exportations et les entrées de devises.

Au-delà de l’agriculture, le secteur minier a également contribué à la croissance, profitant notamment de la demande internationale en ressources stratégiques. Les services financiers ont, eux aussi, affiché une progression notable, dans un contexte de normalisation progressive des équilibres macro-économiques.

Cette combinaison de facteurs a permis d’impulser un regain d’activité, même si la croissance reste inégalement répartie entre les secteurs.

Une reprise à deux vitesses

L’Indec souligne en effet une forte hétérogénéité dans les performances sectorielles. Si certaines branches connaissent un rebond marqué, d’autres continuent de souffrir.

L’industrie affiche ainsi un recul de 3,9 % sur l’année, tandis que le commerce enregistre une baisse de 1,3 %. Ces chiffres traduisent les effets persistants de l’ajustement budgétaire et monétaire engagé par le gouvernement, qui a pesé sur la demande intérieure.

La stratégie économique de Javier Milei repose sur une réduction drastique des dépenses publiques, une dérégulation accrue et un recentrage de l’État. Cette orientation, assumée par le président qui se définit comme « anarcho-capitaliste », vise à restaurer la confiance des marchés et à stabiliser durablement l’économie.

Un succès macro-économique sur l’inflation

Le principal indicateur mis en avant par l’exécutif reste l’inflation. En deux ans, celle-ci est passée de plus de 150 % à 32 %. Une décrue spectaculaire, obtenue au prix d’une politique de rigueur marquée.

La stabilisation des prix constitue un élément central du redressement macro-économique. Elle contribue à restaurer la prévisibilité pour les entreprises et les investisseurs, dans un pays longtemps fragilisé par des cycles d’hyperinflation et de crises monétaires.

Cette amélioration ne signifie pas pour autant un retour immédiat à une prospérité généralisée. Le pouvoir d’achat reste sous pression pour une partie de la population, et la transition vers un modèle économique plus libéral s’accompagne d’ajustements sociaux sensibles.

Un pari encore en construction

Le rebond de 2025 constitue donc un signal positif, mais il ne règle pas toutes les fragilités structurelles. L’économie argentine demeure exposée à la volatilité des marchés internationaux, notamment via sa dépendance aux exportations agricoles.

La consolidation de la croissance passera par une diversification accrue de l’appareil productif et un redémarrage plus solide de l’industrie et du commerce intérieur. L’enjeu pour le gouvernement sera de transformer ce rebond conjoncturel en trajectoire durable.

Pour l’heure, les chiffres publiés par l’Indec offrent au président Milei un argument fort : après une année de contraction, l’Argentine renoue avec la croissance. Reste à savoir si cette dynamique pourra se confirmer dans un contexte mondial incertain et dans un pays encore marqué par des tensions sociales et économiques profondes.

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