Dans un contexte de maîtrise des finances publiques, l’exécutif a décidé de diminuer les primes versées aux entreprises recrutant des apprentis. Une mesure qui doit permettre d’économiser 700 millions d’euros d’ici 2027, tout en maintenant le soutien à un dispositif qui a largement contribué à la hausse record du nombre d’apprentis en France.
Une réduction progressive des aides pour alléger la dépense publique
Le gouvernement poursuit sa stratégie de réduction des dépenses publiques. Le ministère du Travail a annoncé une baisse des aides financières accordées aux entreprises qui recrutent des apprentis, avec un objectif clair : réaliser 200 millions d’euros d’économies dès 2026, et plus de 700 millions d’euros à l’horizon 2027.
Ces aides, mises en place pour encourager le recours à l’apprentissage, avaient été fortement revalorisées ces dernières années afin de soutenir l’emploi des jeunes. Elles représentaient initialement jusqu’à 6.000 euros pour chaque embauche d’un apprenti. Mais face à leur coût croissant pour les finances publiques, l’exécutif a décidé de revoir ce dispositif à la baisse.
Cette nouvelle réduction s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint, où le gouvernement cherche à limiter les dépenses tout en préservant les dispositifs jugés les plus efficaces.
Des montants différenciés selon la taille des entreprises et le niveau de diplôme
Dans le détail, les nouvelles aides varieront désormais davantage en fonction de la taille des entreprises et du niveau de formation des apprentis recrutés.
Pour les entreprises de moins de 250 salariés, la prime maximale sera fixée à 4.500 euros pour les apprentis préparant un diplôme de niveau Bac+2, comme un BTS ou un DUT. En revanche, elle sera limitée à 2.000 euros pour les formations plus longues, notamment les licences, les masters ou les diplômes d’ingénieur.
Les grandes entreprises, de leur côté, bénéficieront d’aides encore plus réduites. Elles percevront 1.500 euros pour les contrats visant un diplôme Bac+2, et seulement 750 euros pour les formations supérieures de niveau Bac+3 à Bac+5.
Une exception importante est toutefois maintenue. Les aides resteront fixées à 6.000 euros pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap, afin de préserver l’insertion professionnelle de ce public particulièrement exposé aux difficultés d’accès à l’emploi.
Ces nouvelles dispositions s’appliqueront aux contrats d’apprentissage signés après la publication du décret, prévue prochainement, et concerneront les contrats débutant avant le 1er janvier 2027.
Un dispositif qui a profondément transformé l’apprentissage en France
Malgré cette réduction, l’apprentissage reste un pilier central de la politique de l’emploi. Les aides publiques ont contribué à une croissance spectaculaire du nombre d’apprentis ces dernières années.
En 2017, la France comptait environ 430.000 apprentis. Ce chiffre a dépassé le million en 2023, illustrant l’ampleur de la transformation. Cette progression s’explique en grande partie par les incitations financières accordées aux entreprises, mais aussi par l’élargissement de l’apprentissage à de nouveaux secteurs et niveaux de formation.
Longtemps concentré sur les métiers manuels et techniques, l’apprentissage s’est désormais imposé dans l’enseignement supérieur. De plus en plus d’étudiants en licence, master ou école d’ingénieurs choisissent cette voie, attirés par la possibilité de combiner formation académique et expérience professionnelle.
Les entreprises, quant à elles, y trouvent un moyen de former leurs futurs salariés et de répondre à leurs besoins de recrutement.
Trouver un équilibre entre économies et soutien à l’emploi
La réduction des aides traduit la volonté du gouvernement de trouver un équilibre entre la maîtrise des dépenses publiques et le maintien d’un dispositif efficace.
Le succès de l’apprentissage pose en effet une question budgétaire majeure. Plus le nombre d’apprentis augmente, plus le coût total des aides s’élève. La baisse des primes vise donc à rendre le système plus soutenable financièrement, sans remettre en cause son principe.
Reste à savoir quel impact cette décision aura sur les recrutements. Les aides financières ont joué un rôle déterminant dans l’engagement des entreprises, en particulier des petites structures. Une réduction trop importante pourrait freiner cette dynamique.
Le gouvernement semble toutefois parier sur la maturité du dispositif. Après plusieurs années de forte croissance, l’apprentissage est désormais solidement installé dans le paysage de la formation et de l’emploi.
Cette réforme marque ainsi une nouvelle étape : passer d’un soutien exceptionnel, destiné à lancer la dynamique, à un modèle plus équilibré, compatible avec les contraintes budgétaires.
L’apprentissage reste aujourd’hui un levier essentiel pour l’emploi des jeunes et la compétitivité des entreprises. Mais sa réussite devra désormais s’inscrire dans un cadre financier plus maîtrisé.












