La tendance ne se limite plus au Dry January. Dans de nombreux pays, les boissons alcoolisées perdent du terrain, et ce mouvement s’installe durablement. Longtemps associé à la fête et au lien social, l’alcool n’occupe plus la même place dans la vie quotidienne, en particulier chez les jeunes adultes. Les chercheurs observent désormais un changement structurel, qui dépasse les phénomènes de mode.
Des chiffres en baisse sur plusieurs continents
Les données les plus récentes confirment ce recul. D’après IFLScience, la consommation d’alcool diminue simultanément dans plusieurs régions du monde et touche toute une génération qui boit moins souvent et en plus faibles quantités. Aux États-Unis, un sondage Gallup indique qu’en 2025, seuls 54 % des adultes déclarent consommer de l’alcool – un niveau historiquement bas, inédit depuis près de 90 ans, contre 62 % en 2023. Même logique du côté des volumes : les buveurs comptabilisent en moyenne 2,8 verres par semaine, alors qu’ils en consommaient près de 4 auparavant.
Le phénomène dépasse le cadre américain. En Australie, une étude de l’université Flinders montre que les personnes nées entre 1997 et 2012 s’abstiennent nettement plus d’alcool que les générations précédentes, ou en consomment de manière plus ponctuelle. Au Royaume-Uni, la consommation moyenne par habitant a reculé d’environ 14 verres par personne il y a vingt ans à un peu plus de 10 aujourd’hui. L’ensemble de ces données converge vers l’idée d’une transformation durable, et non d’un simple reflet conjoncturel.
Un basculement générationnel
La baisse de l’alcool s’explique d’abord par la rupture culturelle opérée par les jeunes adultes. Pour une partie de la génération Z, boire n’est plus un rite social incontournable. Aux États-Unis, Gallup observe que seuls 50 % des jeunes déclarent consommer de l’alcool, contre près de 60 % il y a quelques années. La santé constitue un facteur décisif : pour une majorité d’entre eux, même une consommation modérée est jugée nocive. Ce regard sévère sur les risques s’est diffusé auprès de l’ensemble de la population, mais il s’est installé plus précocement chez les moins de 35 ans.
Les contraintes économiques renforcent cette évolution. Dans un contexte d’inflation et de coût élevé de la vie urbaine, boire en sortie devient une dépense non essentielle, facilement sacrifiable. D’autres formes de loisirs s’imposent, sans être centrées sur l’alcool. Les codes sociaux changent également : l’abstinence ne suscite plus la même incompréhension qu’autrefois et les boissons sans alcool se sont largement banalisées.
Une perception sanitaire qui s’impose
Au-delà des facteurs économiques ou générationnels, le regard porté sur l’alcool se transforme. Pour la première fois, une majorité d’Américains estime qu’une consommation modérée est mauvaise pour la santé, selon Gallup. Les études récentes ont largement contribué à diffuser l’idée qu’aucune quantité d’alcool n’est totalement neutre. Ces messages, relayés par la recherche et les campagnes de prévention, influencent même les comportements des consommateurs occasionnels.
Dans cet environnement, l’offre s’adapte. Les bars, restaurants et événements multiplient les alternatives sans alcool, ce qui réduit la pression sociale à boire et normalise la sobriété. Résultat : la consommation mondiale décroît progressivement, sans disparaître, mais en perdant son statut central dans les modes de vie contemporains.












