Cyberattaques : en France, un ransomware sur cinq exploiterait les outils IA des entreprises

Cyberattaques : en France, un ransomware sur cinq exploiterait les outils IA des entreprises

L’intelligence artificielle devient une nouvelle porte d’entrée pour les cybercriminels. Selon une étude publiée le 14 octobre par l’entreprise de cybersécurité Semperis, 20 % des attaques par ransomware recensées auprès des organisations françaises interrogées auraient exploité leurs propres systèmes d’IA. Une menace supplémentaire pour les entreprises, déjà confrontées à une multiplication des attaques et à des conséquences financières importantes.

L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les entreprises s’accompagne de nouveaux risques informatiques. Alors que ces technologies sont déployées pour automatiser des tâches, analyser des données ou faciliter le travail des collaborateurs, elles peuvent également être détournées par des cybercriminels. C’est l’un des principaux enseignements du Ransomware Risk Report 2026, publié mercredi 14 octobre par Semperis, spécialiste de la protection des systèmes d’identité.

Réalisée auprès de 1 200 professionnels de l’informatique et de la cybersécurité dans neuf pays, l’étude révèle qu’en France, 20 % des attaques par ransomware signalées auraient exploité les agents ou systèmes d’intelligence artificielle utilisés par les entreprises victimes.

Ces outils peuvent en effet disposer d’autorisations importantes pour accéder aux documents internes, interagir avec des applications ou effectuer des opérations sur les réseaux informatiques. Lorsqu’un cybercriminel parvient à compromettre leur fonctionnement, il peut potentiellement profiter de ces accès pour récupérer des informations sensibles ou intervenir dans les systèmes de l’entreprise.

Le rapport ne précise toutefois pas les techniques employées lors des attaques françaises. Il distingue également l’exploitation des outils d’IA des victimes de l’utilisation de l’intelligence artificielle par les pirates eux-mêmes. Cette dernière n’aurait été identifiée que dans 1 % des cas étudiés en France.

Des cyberattaques aux conséquences importantes pour les entreprises françaises

Au-delà du rôle de l’intelligence artificielle, l’étude souligne la fréquence des attaques subies par les organisations interrogées. Toutes les entreprises françaises de l’échantillon déclarent avoir été victimes de plusieurs ransomwares ayant réussi à perturber leur activité au cours des douze derniers mois. Pour 51 % d’entre elles, plusieurs incidents se sont produits au cours d’une même semaine.

Les conséquences économiques sont importantes. En France, 71 % des organisations interrogées font état d’une interruption temporaire de leur activité ou d’une perte de chiffre d’affaires. Près de deux tiers, soit 65 %, déclarent avoir subi un vol ou une destruction de données.

Le paiement de rançons reste également une réalité. Selon Semperis, 35 % des entreprises françaises concernées ont accepté de verser de l’argent aux cybercriminels. Parmi celles ayant payé, 86 % indiquent avoir effectué plusieurs versements.

Les attaques ne se limitent pas aux dommages informatiques. Près d’un tiers des répondants français signalent des licenciements, démissions ou départs intervenus à la suite d’un incident. Les entreprises peuvent également faire face à des frais de remise en état de leurs systèmes, à des procédures judiciaires et à une dégradation de leur réputation.

L’intelligence artificielle joue un rôle croissant dans les attaques à l’échelle mondiale

Les résultats internationaux mettent en évidence une utilisation beaucoup plus importante de l’intelligence artificielle dans les cyberattaques. D’après Semperis, 40 % des répondants ont signalé des attaques reposant sur l’IA, tandis que 44 % rapportent l’exploitation de leurs propres agents ou systèmes intelligents. Le rapport estime ainsi que l’IA est intervenue sous une forme ou une autre dans 84 % des attaques étudiées.

Les infrastructures chargées de gérer les identités numériques constituent un autre point de vulnérabilité. À l’échelle internationale, 87 % des attaques recensées auraient ciblé ces systèmes, notamment les solutions utilisées pour administrer les comptes professionnels et les droits d’accès.

Leur compromission peut permettre aux pirates de prendre le contrôle de comptes disposant de privilèges élevés, de circuler dans les réseaux informatiques ou de perturber les opérations nécessaires au rétablissement des services.

Les entreprises ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour faire face à ce type d’incident. D’après l’étude, seule une organisation sur deux environ possède des sauvegardes spécifiquement consacrées à ses infrastructures d’identité.

Des dispositifs de sécurité à adapter aux nouveaux usages

Face à ces menaces, la sécurisation des systèmes d’intelligence artificielle devient un enjeu supplémentaire pour les directions informatiques. Elle passe notamment par un meilleur encadrement des droits accordés aux agents automatisés, la surveillance de leurs actions et la protection des données auxquelles ils peuvent accéder.

L’intelligence artificielle peut néanmoins contribuer elle-même à la défense des entreprises. En France, 95 % des répondants indiquent avoir utilisé avec succès des outils d’IA pour détecter des attaques ou participer à leur traitement. Ces dispositifs ne suffisent cependant pas à empêcher toutes les intrusions.

Les résultats de Semperis doivent par ailleurs être interprétés à la lumière de la méthodologie retenue : l’enquête porte exclusivement sur des organisations ayant déjà subi au moins une attaque par ransomware réussie. Ils ne permettent donc pas de mesurer la proportion de l’ensemble des entreprises françaises touchées par ce phénomène.

L’étude illustre néanmoins une évolution des risques informatiques. À mesure que les entreprises confient davantage de responsabilités à leurs outils d’intelligence artificielle, elles doivent également s’assurer que ces nouveaux accès ne deviennent pas des ressources exploitables par les cybercriminels.

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