Hausse du coût de l’électricité : La CLCV et UFC-Que Choisir menacent de saisir le Conseil d’Etat

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Une ampoule

La CLCV et UFC-Que Choisir ont l’intention de saisir le Conseil d’Etat si le Gouvernement s’obstinait à imposer sa hausse de près de 6% des tarifs de l’électricité cet été. Les deux associations jugent cette mesure malvenue en pleine crise du pouvoir d’achat en France.

Macron, vous devez agir

La CLCV et UFC-Que Choisir ne veulent plus entendre parler de l’augmentation des tarifs de l’électricité de 5,9% prévue à partir de cet été. Les deux associations ont indiqué qu’elles saisiraient le Conseil d’Etat si le Gouvernement s’obstinait à imposer cette mesure qui menacerait le pouvoir d’achat des Français. Pour ne pas en arriver là, elles invitent Emmanuel Macron à agir dès maintenant. «Monsieur le président de la République (…), nos deux associations vous demandent de ne pas laisser le gouvernement suivre cet avis que nous considérons techniquement infondé et juridiquement contestable», ont-elles écrit dans une lettre adressée à l’Elysée. La CLCV et UFC-Que Choisir rappellent aussi à Emmanuel Macron qu’«Approuver le raisonnement de la CRE reviendrait à tourner le dos aux attentes des Français et à la logique de dialogue que vous avez mise en place durant le grand débat national».

Une hausse justifiée par la CRE

L’augmentation de près de 6% des tarifs de l’électricité a été préconisée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cette hausse concernera tous les consommateurs résidentiels abonnés au tarif bleu d’EDF (25,6 millions de foyers) et les petits professionnels (3,2 millions). Après avoir été suspendue en janvier dernier pour calmer les Gilets Jaunes, cette hausse de 5,9% sur l’électricité devrait rentrer en vigueur l’été prochain.

La CRE justifie sa proposition par le fait qu’EDF fait face à une hausse de ses coûts d’approvisionnement suite à l’envolée des prix sur le marché. Pour supporter cette situation, EDF n’aurait d’autres choix que de faire payer la différence aux consommateurs, comme la loi le prescrirait. Pour leur part, la CLCV et UFC-Que Choisir estiment que d’autres possibilités s’offrent au Gouvernement et à la CRE. Ils pourraient par exemple baisser les taxes sur l’électricité (TVA et contribution au service public de l’électricité) ou demander à EDF de réaliser des économies de gestion. Ces mesures suffiraient amplement, à moins que la Commission de régulation de l’énergie ait d’autres objectifs.

Sauver la vie des opérateurs alternatifs ?

La CLCV soupçonne la CRE de vouloir sauver les opérateurs alternatifs. «Depuis un an, les opérateurs alternatifs sont pris à la gorge par l’augmentation des prix sur le marché de gros. Redevenus complètement dépendants du nucléaire d’EDF, leur demande d’accès à la capacité nucléaire (Arenh) a excédé le plafond de 100 TWh octroyés par l’État par décret à la suite de la loi Nome. Ces opérateurs font ainsi face à un net surcoût qui ne leur donne plus d’avantages compétitifs (…) La logique de la CRE revient à considérer que pour sauvegarder la viabilité économique des alternatifs et faire survivre la concurrence, il faut augmenter les prix» fait observer la CLCV.

Quoiqu’il en soit, les deux associations demandent l’annulation de cette augmentation, faute de quoi elles saisiront les autorités compétentes. Aussi, préviennent-elles, les consommateurs «n’accepteront pas une hausse de 6% de leur facture d’électricité qui contrevient à la vérité des coûts».

Le Président de la République, qui livrera les réponses du grand débat ce soir, prendra peut-être une décision sur cette hausse des tarifs de l’électricité.

 

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