Casablanca convainc la Banque Mondiale

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La Banque Mondiale (BM) a débloqué, à la fin du mois de février 2018, une somme de 486 millions de dirhams pour un prêt-programme destiné au développement économique de la ville de Casablanca. Cet emprunt a un triple objectif affiché : renforcer la capacité d’investissement de la ville, mettre à niveau le milieu urbain et l’accès aux services essentiels dans la zone du programme, et améliorer l’environnement des affaires de la ville.

Lundi 5 mars 2018, se tenait l’atelier de lancement de ce dispositif. C’est à cette occasion que la première somme déjà versée à Casablanca par la BM a été rendue publique, tout comme les objectifs auxquels cette aide est conditionnée.

Cette nouvelle étape du lancement de ce prêt, trois mois après la signature des premiers accords, s’est faite en présence du wali directeur général des collectivités locales, Khalid Safir, de la directrice des opérations Maghreb à la Banque mondiale, Marie Françoise Marie-Nelly, et du maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari. Différents élus du conseil de la commune urbaine de Casablanca participaient également.

Au total ce prêt-programme accordé par la BM porte sur un montant de 172 millions d’euros reversés en plusieurs étapes et conditionnés aux résultats produits par les premiers fonds versés. Ce prêt à taux variable doit s’étendre sur 6 ans, entre 2016 et 2022. Casablanca se voit ainsi accorder une période de grâce de 7 ans et une période de paiement de 23 ans.

Visiblement fier et satisfait, Abdelaziz El Omari a déclaré : «C’est la première fois qu’une ville contracte ce programme avec la Banque mondiale qui a choisi d’agir avec nous pour mettre en œuvre la vision de Casablanca et de développer des services de qualité au profit des citoyens».

De fait, d’importants efforts ont été fournis par les autorités locales et marocaines, pour arriver à convaincre la BM d’accorder ce prêt à Casablanca, même si d’autres paramètres sont entrés en compte. C’est le cas du poids économique de la ville, qui produit 20% du PIB national, ou du décalage entre la faible urbanisation du Maroc et son impressionnante croissance économique.

De nombreuses réformes structurelles ont été menées par l’état marocain, ces dernières années, afin de rendre le pays plus attractif et de développer son économie. Si bien que le Maroc a bondi dans le classement Doing Business depuis 2010, passant de la 130eme à la 68eme place.

Parmi ces réformes d’envergure, un programme de soutien à Casablanca a justement été mis en place à partir de l’année 2015, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie, de développer la mobilité, de promouvoir la compétitivité économique et de renforcer l’attractivité de la ville. De quoi convaincre les experts de la Banque mondiale de la motivation et de la compétence des autorités marocaines, et justifier leur confiance envers Casablanca ?

Probablement, puisque les dirigeants de la BM comptent désormais sur Casablanca et sur ce prêt-programme pour servir de modèle à travers le monde et inciter à la mise en place d’autres initiatives de ce genre.

Le maire de l’agglomération se montre optimiste, puisqu’il considère que les résultats économiques de la première année sont déjà meilleurs que les estimations qui avaient été effectuées. «Rien que pour l’année 2015 que nous prenons pour référence nous avons dépassé les 9% de l’augmentation des ressources pour la première année. D’après les premiers chiffres on dépasse déjà les 15% pour la deuxième année», a donc précisé Abdelaziz El Omari.

Ce dispositif est encadré par une unité de gestion du programme (UGP) qui assure le suivi des investissements et rend des comptes à la BM concernant les résultats escomptés, afin de débloquer les sommes suivantes. Il prévoit également une participation active du peuple marocain, qui pourra s’exprimer sur les projets en cours sur un site internet dédié.

Enfin, les objectifs sociaux du plan comprennent l’amélioration du cadre urbain ainsi que l’accès aux services de base, en particulier le raccordement électrique de 10.000 foyers issus de milieux défavorisés, mais également la réfection de la voirie, des trottoirs, de l’éclairage public…

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